Fédération des Syndicats
de Quartiers de Pessac

Chiquet – Fontaudin

Le syndicat de quartier de Chiquet-Fontaudin

(mise à jour du 26/02/2016)

  • Présidente : BERNARD Marie-Christine – 1, avenue de Fontaudin – 05 56 45 81 28 – 06 61 86 63 00 – mcderischebourg@numericable.fr
  • Vice-président : DA ROLD Jacques – 6, allée des Roses du Haut Brion – 05 56 46 08 57 – 06 24 59 97 77 – mt.darold@libertysurf.fr
  • Secrétaire : BONNEFOND Édith – 3, rue Chateaubriand – 06 52 90 92 09 – immaterio@yahoo.fr
  • Secrétaire adjointe : EYSSAUTIER Odette  – 16, avenue des Bengalines – 05 56 45 80 27  – 06 15 35 43 72 – odette.eyssautier@wanadoo.fr
  • Trésorier : BERNARD Jacques – 1, avenue de Fontaudin – 06 10 28 05 36 – j.bernard@experts-judiciaires.org
  • Trésorier-adjoint : BOUCON Odile – 48, avenue Raymond Boivin – 05 56 46 01 78 – odileboucon@yahoo.fr

Plan du quartier

Plan du quartier Chiquet Pessac

Les origines d’un syndicat de quartier : PESSAC : CHIQUET-FONTAUDIN (1938-1939)

par Jacques CLEMENS

Président du Syndicat des quartiers de Chiquet-Fontaudin Pessac

 

Le quartier de Chiquet-Fontaudin est limité au sud par les communes de Talence et de Gradignan ; plus exactement selon l’article 2 des statuts du Syndicat de Bienfaisance et de Défense des Intérêts :

– le chemin de Talence, des deux cotés, dans la partie comprise entre la traversée de la route par le ruisseau le Serpent, et la route de Gradignan,

– la route de Gradignan, dans la partie comprise entre le chemin de Talence et le couvent de Fontaudin,

– le chemin de la Paillère, dans la partie comprise entre le couvent de Fontaudin et la propriété Pomes,

– le chemin des Sables [1].

Ainsi l’espace syndical du quartier est limité par la voie romaine, par l’avenue de Gradignan, par la voie ferrée et par le pont sur le Serpent de l’avenue Marc Desbats. Il s’agit en grande partie de la zone de confluence du Serpent qui devient au-delà de la commune de Pessac le ruisseau d’Ars et du Lartigon.

A cette unité naturelle, s’ajoute une unité historique du quartier. Au Moyen-âge, une seigneurie de Chiquet est attestée. En effet, M. Ch. Higounet [2] mentionne pour la fin du XIIIème siècle, un Raymond de Chikat dont il identifie la terre avec le quartier de Chiquet et une partie attenante du domaine universitaire. En outre le domaine de Fontaudin présente une île qui pourrait s’apparenter au type d’installation médiévale appelé en allemand, Wasserburg et en anglais moated sites.

Il n’existe pas actuellement en français de terme adéquat. Ce type d’habitat médiéval [3] se présente comme une plate-forme peu élevée, entourée de fossés remplis d’eau. Il s’agit de deux structures accolées, ayant une forme quasi quadrangulaire, avec des angles arrondis. Il y a lieu de penser que cette installation n’est pas antérieure au XIIIème siècle. S’agit-il des vestiges de la résidence du seigneur de Chiquet, attesté à la fin du XIIIème siècle ? De même le toponyme du Lartigon évoque un défrichement médiéval, une artigue, dans les environs. A l’époque moderne, se met en place un grand domaine viticole, associant vignes et prairies : le domaine de Fontaudin. Fontaudin signifie en gascon la fontaine du grand chêne. Jusqu’à la dernière guerre, il existait en bordure de l’actuel C.E.S. Gérard-Philipe un énorme chêne que les autorités allemandes auraient fait couper car il pouvait servir de repère à l’aviation alliée [4]. De toutes façons, les eaux et les chênes sont encore importants sur le domaine. Les 11 et 19 janvier 1887, le domaine de Fontaudin est la propriété de la Société anonyme immobilière de la Paix (Congrégation des Soeurs de Saint-Joseph). En 1898, le domaine produisait six tonneaux de vin rouge [5].

Un orphelinat puis un préventorium y furent installés. Les activités agricoles disparurent, il y a peu d’années. Une partie du domaine, la Maison de Saint Paul, la communauté de Fontaudin ainsi que la pouponnière pour enfants handicapés sont restés la propriété de l’Association de la Paix.

Après la Première Guerre Mondiale sur les prairies du domaine, à la confluence du Serpent et  du Lartigon [6] fut implanté le lotissement populaire de Chiquet par l’Association de la Paix avec l’intermédiaire de M. Lagunegrand, en 1926 et 1928.

L’idéal de Paix se marque encore dans la viotoponymie du quartier : place de la Rotonde (Rethondes à l’origine), avenue de la Paix, de l’Armistice…mais aussi des Chasseurs. Ainsi furent cédés environ 400 lots, d’une surface, pour la plupart de 200 à 500 m². Le prix au m² était de 12 à 25 francs et le paiement échelonné sur 4 années. En outre, d’après le Cahier des Charges du 4 décembre 1928 de la 2ème tranche du Lotissement du Domaine de Chiquet [7], « il est créé entre tous les propriétaires présents et à venir des terrains lotis une association syndicale libre », c’est l’origine de l’actuel syndicat des quartiers de Chiquet-Fontaudin. En raison de la proximité du bourg de Pessac, de la Gare et de la  mise en place de lignes de tramways, le lotissement connaît un essor important. Actuellement, environ un millier de petites maisons entourées d’un petit jardin se sont implantées sur le quartier. Le stade de Chiquet, seul équipement public encore de nos jours, est l’apport du lotissement.

Sur les terres hautes du domaine de Fontaudin, par le moyen de la déclaration d’utilité publique se sont implantés des établissements publics : Universités, C.E.S. Gérard Philippe. Le projet d’un plan d’occupation des sols qui aurait entraîné pour le quartier un bouleversement de l’habitat et l’implantation de voies autoroutières a entraîné la renaissance [8] du syndicat de quartier, en sommeil depuis plusieurs années. L’actuel comité s’est efforcé de rendre au quartier de Chiquet et de Fontaudin son identité historique [9]. L’organisation associative dans le cadre du quartier ne pourrait-elle pas être un des éléments fondamentaux de la vie démocratique en milieu urbain de demain ?

Mars 1979

 

NOTES

[1] Association n° 2204. Délimitation des quartiers de Chiquet-Fontaudin ; art. 2, des statuts modifiés du 23 janvier 1928. Le siège était un des bars du quartier. Mais l’art. 8 prévoyait que «tout membre se présentant en état d’ébriété à la réunion générale et provoquant du scandale n’aura pas droit ni à la discussion, ni au vote, sans compter les pénalités qu’il pourrait encourir, conformément au règlement général du syndicat».

[2] Charles HIGOUNET, Paysages, mise en valeur du peuplement de la banlieue sud de Bordeaux à la fin du XIIIème siècle, Revue historique de Bordeaux et du département de la Gironde, 1977, p. 18.

[3] Une opération de prospection de surface est en cours avec l’autorisation de l’Association de la Paix, propriétaire, et de la Direction des Antiquités historiques d’Aquitaine.

[4] Renseignement de Soeur Marie-Lucie, Supérieure de la Communauté de Fontaudin. Nous lui devons, ainsi qu’à Soeur Marie-Antoinette beaucoup de renseignements historiques, et d’encouragements. Cette note est dédiée à toute la Communauté de Fontaudin.

[5] Bordeaux et ses vins, Editions Ferret, Bordeaux-Paris, 1898, p. 275

[6] Présentation d’ensemble dans Bordeaux au XXème siècle, sous la direction de Ch. Higounet, Bordeaux, 1972, p. 59.

[7] Archives de l’Association de la Paix.

[8] Assemblée générale du 24 juin 1977, sous la présidence du bureau de la Fédération des Syndicats et Comités de Pessac. La position du Conseil d’Administration du Syndicat sur le projet de P.O.S. a paru dans Sud-Ouest du 4 avril 1978.

[9] Avec l’aide et l’aimable hospitalité de la Bibliothèque Inter-Universitaire, deux expositions ont été organisées : Pessac au temps de Camille Jullian en 1977, Histoire de quartiers en 1978. Nous remercions Mlle Traissac, Conservateur en Chef des Bibliothèques universitaires et son personnel de leur extrême  compréhension. C’est au cours de la mise en place de la dernière exposition que le Crédo de Fontaudin, panneaux peints, du XVIème siècle (?) ont été pour la première fois signalés et  révélés au public.