Fédération des Syndicats
de Quartiers de Pessac

Casino

Présentation du comité de quartier

Le comité du Casino (quartier limité par la voie ferrée, les rues Curie, du Poujeau et Nancel Pénard) a été créé en 1972 au moment où apparut aux habitants la menace que faisait courir sur l’intégrité de leur quartier le projet de passage sous la voie ferrée dit de la gendarmerie. Son action lors des enquêtes publiques de 1972 et 1973 réussit à le sauver.

Depuis lors, les activités sont axées sur l’urbanisme et l’entraide.
Il participe aux travaux de la Fédération des Syndicats de Quartier de Pessac, aux séances d’informations municipales, toujours attentif à tout projet pouvant avoir une incidence sur la qualité de vie au maintien de laquelle concourt par ailleurs l’entraide orientée sur le soutien aux personnes vivant seules et l’entretien de la convivialité par l’organisation de réunions du quartier en occasions variées.

Commissions :
– Galati ;
– Entraide ;
– Fêtes ;
– Mémoire du quartier.

Informations pratiques

  • Président : Jean-Pierre STAHL
  • Adresse : 39, avenue Jean-Jaurès
  • Téléphone : 06 08 37 45 88
  • Courriel : jppessac@hotmail.fr

Activités :

  • Repas du quartier ;
  • Goûter des rois.

Histoire du quartier Casino de Pessac

Le quartier du Casino est une création aventureuse et passionnée, motivée, il y a environ un siècle, par l’attachement actif à un lieu.

 

Les caractères historiques particuliers du quartier du Casino

Notre quartier de Pessac se trouve dans les limites d’un ancien domaine homogène, de six hectares environ, fort bien délimité aux 18e et 19e siècles, et rattaché alors au Poujeau. Ce domaine ne fut pas morcelé à travers les héritages, mais appartint successivement à deux familles qui se sont éteintes. L’origine de cette propriété n’a pas encore été bien retrouvée avant 1789, mais son devenir depuis cette date a pu être suivi en détail. Ceci grâce aux minutes de l’étude notariale de Maître Constant Frelet, qui a traité la grande majorité des actes relatifs au quartier durant ses périodes de changement. Cette source de données n’a malheureusement pas encore permis de connaître les dates de construction des maisons. L’environnement est décrit ici à partir des ouvrages de Raphaël Saint Orens. Les recherches de Marianne Biolsi ont été une source précieuse de renseignements inédits.

Entre 1897 et les toutes premières années du vingtième siècle, une opération très moderne de morcellement et de lotissement du domaine a été opérée. Le plan comportait un compromis harmonieux entre d’une part :

  • avenue axiale,
  • tracé orthogonal des rues,
  • organisation concentrique autour d’un square central convivial;

et d’autre part :

  • architecture de style homogène, mariant heureusement la rigueur et l’exubérance (style Napoléon II
  • diversité des réalisations dans ce style, au choix des propriétaires, et peut-être des différents corps de métiers.

Le square central comportait un “Casino” avec café, restaurant, salles de bal et de concert, dans une vieille maison de maître, et un espace en plein air étendu devant le bâtiment, desservi par une large avenue (l’actuelle avenue Alexandre Jaubert).

La destruction, encore mal datée, du bâtiment du Casino par un incendie a été suivie d’une longue période (plus de vingt ans) avant construction d’habitations sur le square central. Ceci a modifié profondément le caractère urbain de tout le quartier. La fonction de pure villégiature, ressemblant à celle d’Arcachon, a disparu. Le centre convivial s’est déplacé vers la place du Bourg, toute proche, et l’ancien centre a été doté d’une fonction résidentielle sobre et de qualité.

Histoire du paysage depuis 18e siècle jusqu’au legs d’Alexandre Jaubert

Au 18e siècle, l’Église Saint-Martin de Pessac était entourée de vignes. Un chemin la reliait à deux ou trois maisons au coin nord-est de la place de la Vème République actuelle puis, coupant la voie Bordeaux-Arcachon, rejoignait quelques maisons groupées au Poujeau, près de l’actuel giratoire.

Une famille Thibaut exploitait alors une ou plusieurs tuileries à Pessac, situées à Canterane. Cette exploitation industrielle de céramique a perduré et laissé son nom à de nombreux lieux aux limites des communes de Pessac, Caudéran et Gradignan (la Tuilerane, la Poterie, la Briquetterie). Les tuiles produites au 18e siècle ont couvert de nombreux toits de Bordeaux. Les carrières d’argile ont fonctionné jusqu’à une époque récente, et le baron Haussmann en a exploité certaines. Des traces restent à retrouver, mais il subsiste, sur le territoire de Gradignan, un superbe four de cuisson ancien.

Un domaine familial appartenait, en 1789, à Jean-François Thibaut-Delile, capitaine de navire, qui l’avait reçu de son père Jean-Baptiste Thibaut, sans division de la propriété. En effet, l’héritage s’était fait en partage de biens, mais Guillaume, frère de Jean-François, avait procédé à une cession en faveur de son frère.

Jean-François Thibaut-Delile habitait alors 32, fossé Saint-Éloi, à Bordeaux. Il semble que le domaine était, en ce temps, considéré comme trop campagnard pour la résidence.

Le fils de Jean-François, Guillaume, était décédé avant son père. Le 23 Décembre 1827, Rose Rimbault, veuve de Jean-François Thibaut-Delile, a vendu le domaine à Jean Jaubert pour la somme de 22 000 Francs, dont 8 000 sous forme de rente viagère échue deux ans plus tard.

Le domaine Thibaut était officiellement situé sur la Commune de Pessac, soit au “lieu-dit”, soit au “quartier”, soit au “village” du Poujeau.

Le 8 janvier 1856, l’héritage de Jean Jaubert et de sa femme Pétronille Jaubert, née Jaubert, est revenu à deux héritiers, dont Jean Jaubert, appelé en famille Alexandre. Celui-ci est né à Pessac le 2 février 1826. Sa profession indiquée est celle de “négociant”.

Il faut noter qu’Alexandre Jaubert a occupé, durant quelques mois de 1848, la fonction de Maire de Pessac, et semble s’être enraciné dans son domaine et la Commune.

Outre le domaine Thibaut, d’autres biens immobiliers faisaient partie du legs de Jean et Pétronille. Citons une maison à Bordeaux-Bastide, et une autre au Bourg de Pessac où logeait Jeanne Adèle Gauchet ou Gauffret, épouse en secondes noces du père d’Alexandre.

Les propriétés agricoles étaient multiples: prairie au Chiquet, vigne à Gaillac. La propriété la plus proche du domaine Thibaut était une pinède près du cimetière de Pessac. Alexandre avait une sœur, Jeanne, qui est décédée en 1853, laissant trois enfants qui furent placés sous la tutelle de leur grand-père Jean. Au moment du legs de ce dernier, Alexandre a racheté les parts de ces autres héritiers, pour la somme de 32 025 Francs, sur une valeur totale de 59 922,50 Francs. Ce rachat a encore retardé le morcellement du domaine Thibaut.

Le 14 mai 1896, la veille de son décès, Alexandre Jaubert a rédigé un testament divisant son héritage en trois parts égales, dont l’une revenait à la commune de Pessac, à charge pour elle de verser 5 000 Francs à une veuve qui s’était occupée de lui avec dévouement. Les intérêts du surplus devaient servir à créer un prix de la Rosière, “comme à la Brède”, en souvenir d’une défunte fille d’Alexandre Jaubert. L’exécuteur testamentaire était Herman Lemoine, négociant, habitant au Poujeau et Maire de Pessac à cette date.

Au moment de cet héritage, le domaine couvrait 5,758 hectares, et était limité par les voies actuelles suivantes:

– avenue Jean Jaurès (ou route Bordeaux-Arcachon),

– rue Herman Lemoine,

– avenue Nancel Pénard,

– avenue du Poujeau.

Cette limite était compliquée par quelques inclusions de faible superficie :

– au nord, trois petites propriétés alignées (Pucheu, Lalande et Saurat),

– au sud-ouest, une propriété un peu plus vaste (Bersion).

Le domaine portait une belle maison de maître étendue (avec ses dépendances) sur 9,8 ares, et des jardins potagers, bois d’agrément dont 20,6 ares plantés en mûriers, terres labourables, et vignes. Ces dernières, dispersées en cinq parcelles, s’étendaient sur 3,5 hectares, soit 60% de la superficie du domaine. La plus grande parcelle de vigne, placée à l’ouest, couvrait 1,3 ha. Des mûriers se trouvaient en bordure des allées.

Le morcellement du domaine Thibaut et la mise en place du Casino

La liquidation de l’héritage Jaubert s’est faite le 31 janvier 1897. Le domaine Thibaut a été acquis pour 136 500 Francs (soit 2,37 F/m²) par François Pommez, demeurant 17, rue du Commandant Arnoult à Bordeaux.

Au moment de cette acquisition, une ligne de tramways électriques reliait, depuis deux ans, Bordeaux à l’actuelle place de la Cinquième République, passant par la barrière de Pessac.

François Pommez a rapidement procédé à un tracé de rues et un bornage, tout en revendant des parcelles un peu éloignées du centre.

Le plan urbain comportait déjà un square central autour de la maison de maître d’Alexandre Jaubert. Le 18 décembre 1897, un bail de location de cinq ans renouvelable a été passé avec une Veuve Larrondo, moyennant un agrandissement du square et la réservation d’une pièce dans la maison de maître, à usage de bureau pour la vente des terrains de Thibaut. Le domicile de Madame Larrondo se trouvait au Bourg de Pessac.

Le même jour, une Société a été constituée entre Madame Larrondo et Isidore Latapie, cafetier, demeurant 12, rue Mably à Bordeaux (à quelques dizaines de mètres du Marché des Grands Hommes), pour exploiter le “Grand Casino du Nouveau Square”. L’activité prévue, entièrement à charge de Monsieur et Madame Latapie, comportait un café, un restaurant et une salle de concert. La partie Sud du square, couverte d’un bois de haute futaie lors de l’occupation par Alexandre Jaubert, a conservé son aspect durant le fonctionnement du Casino. Elle était destinée à des concerts de plein air, et probablement aussi à des bals. La Société liant Madame Larrondo à Monsieur Latapie a été dissoute le 26 novembre 1898, et une convention a ensuite été signée entre MM. Pommez et Latapie le 23 janvier 1899. Depuis le morcellement du domaine

Thibaut, sa situation officielle sur les actes n’a plus été au Poujeau, mais au Bourg.Les prix de vente des parcelles témoignent du sens des affaires, mais aussi du projet d’urbanisme de François Pommez. Rappelons le prix d’achat de 2,37 F/m² :

– les parcelles situées sur la route d’Arcachon ont été vendues pour 12 F/m² ;

– les parcelles entourant le square (actuelles avenue Alexandre Jaubert et rue Goya) ont été vendues pour 10 F/m² ;

– le prix des autres parcelles a été de 6 F/m².

Les 8 et 9 janvier 1898, des terrains ont été vendus à deux personnes qui seront actives dans la construction des “chalets” du quartier :

– Hector Loubatié, architecte ;

– Charles Perriez, entrepreneur.

Chacun d’entre eux a obtenu un terrain au coin des actuelles avenues Jean Jaurès et Alexandre Jaubert, de part et d’autre de cette dernière. Les villas construites entre 1897 et 1904 (cette dernière limite volontairement tardive car incertaine) sont au nombre de 17, toutes signées par H. Loubatié et C. Perriez. En suivant une succession sinueuse nous trouvons Flore, Mimosa, Booz, Girofla, Giroflé, Odetta, Militona, Violetta, Gounod, Vauban, Sans-Soucis, Martha, Rieuse, Stella, Yvonne, La Sablière, Margot.

Le fonctionnement du Casino et sa disparition

Retour Accueil Histoire du Casino4. Le fonctionnement du Casino et sa disparition

L’inauguration de l’établissement est mentionnée par les journaux en début du mois de juin 1897. Les reports dus à la pluie empêchent de situer la date exacte, sinon à une semaine près. Les festivités ont eu lieu en plein air, avec 25 musiciens lyriques. La date d’inauguration, antérieure à la constitution de la société liant madame Larrondo et monsieur Latapie, semble indiquer que François Pommez s’est impliqué personnellement dans le lancement de cette affaire. Le café et le restaurant étaient alors à la charge d’un M. Garaud. Les journaux de 1897 et 1898 mentionnent une activité assez intense, avec bals et concerts en salle ou en plein air. La dernière mention trouvée d’Isidore Latapie dans la presse date de janvier 1899, mais il manque des informations pour la période ultérieure.

Les diverses mentions des activités du Casino dans les minutes comportent des noms de responsables différents de celui d’Isidore Latapie. La gestion de l’établissement semble donc avoir rencontré de gros problèmes. La mise en place d’un appareil de production d’acétylène est mentionnée. Une demande d’installation de jeux de hasards est restée sans suite du fait que Pessac n’avait pas le statut légal de ville balnéaire.

Le 6 août 1901, un article de journal dit que les bruits courant sur la fermeture du Casino ont été démentis par monsieur Corbière, le responsable, qui “fera tout son possible” pour maintenir l’activité.

Le 13 août 1901, le Maire Herman Lemoine enjoint à monsieur Corbière de remettre en état l’appareil de production d’acétylène qui présente de gros risques.

Selon La Petite Gironde du 1er août 1903, un éboulement a eu lieu dans les bâtiments le matin du 29 juillet 1903, hors de la présence des ouvriers chargés de la démolition de locaux. Le “livre de Pessac”, ouvrage récent, fait mention d’un incendie qui aurait détruit le Casino en 1905. Cet incendie est resté dans le souvenir d’Emmanuel, fils de François Pommez.

Toutefois, compte tenu des articles d’époque qui viennent d’être parcourus, l’hypothèse qui semble la plus vraisemblable est celle d’un disfonctionnement dès le démarrage de l’affaire, ou tout au moins après le désengagement d’Isidore Latapie, et d’un arrêt vers 1903. Il est possible que la mise en place du Casino ait réveillé l’activité d’un établissement tout proche, l’Elysée, fondé en 1859 mais dont l’activité ne s’est intensifiée qu’après l’arrêt du Casino. L’incendie n’a pas été la cause de la cessation d’activité, mais peut-être la fin de l’espoir de François Pommez de faire enfin vivre cette entreprise.

Il parait possible de dire, à la lumière des renseignements maintenant réunis, que :

le Casino de Pessac fut une chimère lumineuse et fugitive du solide François Pommez.

La construction des maisons et l’évolution du quartier

Les éléments recueillis dans les archives sont reportés, à mesure de notre recherche chronologique, sur un plan au 1/1000.

Il convient déjà de distinguer plusieurs zones, par ordre de succession globale d’achèvement des constructions.

1. L’ensemble des terrains entourant de près le square central

La construction des maisons signées Loubatié et Perriez s’est faite très rapidement, probablement “poussée” vigoureusement par François Pommez. À cette date, notre connaissance de ce mouvement de construction est assez avancée, bien qu’inachevée. Nous pouvons noter des achats de terrains en vue de revente par des banques (Soula, de Trincaud, Latour et Cie; Soula) et par des “agents immobiliers” (Segrestaa; Semezies; Petit). Ce dernier a procédé à des constructions Loubatié-Perriez avant remise en vente. Notons que la magnifique tour en bois surmontant Martha, trop délabrée, a été détruite en 1962.

2. La Sablière

À l’emplacement d’une ancienne sablière, un terrain de 21,85 ares appartenait à la famille Peynaud et a échu en partage à Marie Lucie qui épousa H. Loubatié. La plus belle et la plus discrète villa de l’ensemble, y a été construite, tournant le dos aux voies de passage.

Nous n’avons pas encore d’informations sur la première habitation de cette villa, expliquant sa singularité.

3.  La partie Est du domaine Thibaut, autour des villas Yvonne, la Sablière et Margot

Des tractations ont été conduites sur les limites des trois maisons déjà en place. Des bandes de terrain ont permis de redessiner ces limites à proximité de la route Bordeaux-Arcachon. A hauteur des actuelles villas Soledad et Pâquerette, l’avenue du Poujeau actuelle semble avoir disparu vers les années 1910-1930.

4. La partie Ouest du domaine Thibaut, proche du bourg actuel

Quelques pièces des archives municipales de Pessac montrent que les vignobles y ont subsisté assez longtemps, sauf le long de la route Bordeaux-Arcachon, où des constructions existaient déjà. Des rachats de bandes de terrain ont permis de redessiner les limites.

5.  La partie Nord du domaine Thibaut, entre la rue François Coppée et l’avenue Nancel Pénard actuelles

Nos connaissances d’aujourd’hui sont encore très incomplètes. Cette zone semblait faiblement construite avant le décès d’Alexandre Jaubert. Elle est restée longtemps dans cet état, et n’a ensuite été construite que lentement. Il faut signaler là un superbe micocoulier qui devait déjà être majestueux à cette époque.

6. Le “square central”

Une carte postale de la première guerre mondiale représente des soldats installés sur ce square central dépourvu de constructions et de barrières.

En 1924, une association des propriétaires des terrains placés là offre de les revendre à la Commune au prix coûtant pour supprimer les baraquements et faire de l’ensemble un jardin public. Ceci montre qu’à cette date, le terrain a déjà été loti, mais n’est pas encore construit en dur. Ce lotissement n’a pu se faire qu’après la mort de François Pommez en avril 1922, date à laquelle le terrain était encore mentionné d’un seul tenant. Les informations des propriétaires actuels font croire que la construction n’a réellement débuté que dans le milieu des années 1930.

Le quartier du Casino constitue aujourd’hui un paysage calme ornant le centre de Pessac, soigneusement préservé et entretenu par ses habitants et leur Comité.

Biographie sommaire de quelques personnalités

Alexandre Jaubert

Les éléments biographiques disponibles, indispensables pour situer l’histoire de ce quartier dans Pessac, ont été brièvement évoqués dans les chapitres précédents.

François Pommez

Une grande partie des éléments de sa biographie nous a été transmise par son petit-fils, le Docteur Jean Pommez.

Prénommé plus complètement Jean-Baptiste François, il est né à Agnos, dans les Pyrénées Atlantiques, le 24 avril 1849.

L’un de ses ancêtres fut conseiller municipal de Pessac sous la Restauration, en 1826. Plus tard, l’un de ses cousins germains, Rémi (Jean, Bernard, Rémi) Pommez, exploitait à Pessac le Château Laburthe-Brivazac Haut Brion qui est resté propriété de la famille jusqu’à sa confiscation par les autorités allemandes durant la guerre 39-45, et son rachat ultérieur par l’Etat Français. Le terrain correspondant est maintenant absorbé par le Campus Universitaire.

Très jeune, de 1865 à 1867, il fut employé chez Souviron et Pallas, à Oloron Sainte Marie. En mai 1867, à 18 ans, il partit vers l’Argentine où il restera 22 ans.

A son arrivée à Buenos-Ayres, il entra chez Lassale fils, où il sera intéressé aux affaires 5 ans plus tard. Avant de se retirer en Europe en 1877, M. Lassale lui confiera la gérance de sa maison. En 1884, il gérera à Buenos Ayres, outre la maison Lassale, la branche argentine de la maison Cahen et Guillierme, installée à Paris.

Le 21 avril 1888, âgé de 39 ans, il épousa, à Oloron Sainte Marie, Jeanne Marguerite Laffore, née à Bordeaux le 4 septembre 1862, qui lui donnera quatre garçons. Ce mariage était la condition pour recevoir, en donation de son cousin Rémi Pommez, les immeubles situés aux numéros 3, 5, 7, 9, 11, 17 et 19 de la rue du Commandant Arnould à Bordeaux, contre une rente viagère de 10 000 Francs.

En 1890, une crise épouvantable en Argentine lui fit liquider ses entreprises et revenir avec une fortune d’environ 1 500 000 Francs. Notons que l’achat du domaine Thibaut par la suite lui coûtera seulement 9% de ce capital.

Durant ses 22 ans de séjour en Argentine, François Pommez a été honoré de différentes fonctions ou titres:

– Président du Club Français de Buenos-Aires entre 1870 et 1884 ;

– Président de la Bourse de 1881 à 1885 ;

– Secrétaire de la Chambre Française de Commerce de Buenos-Aires en 1885 ;

– Président de la Société Philanthropique Française du Rio de la Plata en 1886 ;

– Président de l’Hôpital Français de Buenos-Aires, fondé avec sa participation dans le pour recueil de fonds en France;

– Fondateur et premier Administrateur Délégué, en 1886-1887, de la Banque Française du Rio de la Plata.

Après son retour en Aquitaine, il fut aussi Conseiller Municipal à Cestas, de 1892 à 1900.

Il possédait les 7 maisons de la rue du Commandant Arnould qui lui furent données par son cousin Rémi, entre la place Pey Berland et la rue du Hâ, plus 2 maisons dans la rue du Hâ, aux numéros 29 et 41. Cette dernière maison, construite en 1750, fut le berceau de la famille et le domicile de Rémi Pommez. La résidence de François se trouvait dans le premier lot, au numéro 17, à cinquante mètres environ de la Cathédrale Saint André. Elle fut rénovée par son propriétaire avant 1914, avec mise au tout-à-l’égout, et conserve aujourd’hui encore un caractère d’opulence. Il y est décédé le 16 avril 1922.

Il était également propriétaire de deux maisons proches, au 35, cours Victor Hugo et au 69, rue des Faures, du Château Laburthe, à Pessac, et de notre quartier. Celui-ci semble avoir été pour lui une aventure du cœur, à cause de son attachement à Pessac, d’une part, et de l’esprit d’entreprise qui constituait sa marque, de l’autre.

Dans ce quartier, neuf terrains nus ou construits par Loubatié et Perriez sont restés en sa possession jusqu’à la fin de sa vie. Dans ce lot de terrains figure le Square du Casino, non loti au moment de son décès.

Hector Loubatié

Fils d’un commis et d’une ouvrière aux tabacs, prénommé en réalité Jean Hector Césarin, il est né à Bordeaux le 27 août 1862. Habitant rue de Preignac, au 11 probablement, il s’est marié le 7 décembre 1888 avec Marie Jeanne Lucie Peynaud, et a habité alors 63, rue Naujac à Bordeaux, avec sa femme et son beau-frère Georges.

La maison, sur deux niveaux et relativement petite, se trouvait proche (environ 300m) de celle de son beau-père, 145, rue Fondaudège à Bordeaux, pas très somptueuse non plus. Pourtant, la famille Peynaud possédait de nombreuses propriétés vers Biganos et Saint Jean d’Illac.

Dix ans plus tard, son adresse était 17, rue Thiac, peu éloignée de la précédente. D’autres adresses sont successivement mentionnées à Bordeaux: 24, rue Thiac, puis à Caudéran : 30b. rue de l’Ecole Normale.

Il posséda:

– une maison de campagne dans le Lot et Garonne, la rocaille à Pujols;

– une résidence secondaire à Arcachon, la villa Saint Jean 29, avenue Nelly Deganne, près de l’établissement construit pour son fils René (médecin) la villa Palestra aujourd’hui démolie;

– un pavillon de chasse sur la côte landaise, le chalet tout-petit à Montalivet,

– la maison déjà mentionnée dans le quartier Casino, au coin des actuelles avenues Jean Jaurès et Alexandre Jaubert.

Sa première femme, Lucie, est décédée à Bordeaux le 18 novembre 1902, lui laissant deux garçons et deux filles.

Membre, pendant plus de vingt-cinq ans de la Société des Architectes de Bordeaux et du Sud-Ouest, il semble n’avoir pas beaucoup construit hors de Gironde. Des activités dans les Pyrénées sont citées, mais nous ignorons encore leur situation. Il fut architecte municipal de Pessac et, à ce titre, a conçu, entre autres, le monument aux morts de la place de la Vème République. Beaucoup de travaux d’entretien sont cités.

Il a participé en 1908 au plan d’un Cinéma National Pathé, cours de l’Intendance à Bordeaux, qui semble n’avoir pas été réalisé.

Ses constructions repérées sont situées à Bordeaux:

– un grand immeuble de bureaux, solide et équilibré, mais sans recherche, au 44 de la rue de la Faïencerie;

– angle des rues Berruer et Levieux,

– Ciné-Théatre Girondin, 17 cours Galliéni, d’un modern style tout particulièrement orné, réalisé en 1915.

Sa fortune ne semble jamais être devenue confortable. La maison située actuellement 23, rue Herman Lemoine, que sa femme avait héritée, semble avoir été hypothéquée en échange d’un prêt, et il en a été dessaisi pour non-remboursement. Par ailleurs, sa belle maison au coin de l’avenue Alexandre Jaubert a été vendue le 5 avril 1906 sans qu’il l’ait apparemment habitée. Il semble bien que sa propriété de cette maison ait été aidée par François Pommez.

Près du Parc Bordelais, rue du Bocage et avenue Carnot, se trouvent de nombreuses constructions contemporaines de celles d’Hector Loubatié. Elles sont l’œuvre d’architectes très divers, mais le style reste typique du tournant 19ème/20ème siècle.

Citons, probablement contemporaines de celles de notre quartier, neuf superbes maisons conçues par Alfred Duprat, cote à cote depuis le 22 jusqu’au 30 de la rue du Bocage. Dans ce groupe existent, rue de Mexico, tout près de la rue de l’Ecole Normale où logeait Hector Loubatié en 1906, quatre maisons à étage signées par ce dernier:

– au numéro 45, construite en 1900, de style arcachonnais;

– aux numéros 9, 11, et 13, construites en 1930, de style arts déco.

La maison située au 9, qui lui appartenait, est celle dans laquelle est mort Hector Loubatié le 26 novembre 1939. Elle est assez modeste et porte, en façade, un macaron en bas-relief ésotérique, avec un visage de femme à contour rigoureusement circulaire, masqué de deux équerres percées sur les yeux. La chevelure, peignée en boucles à la mode de l’époque, est coiffée d’un compas très ouvert.

Charles Perriez

Charles Jean, pour l’état civil, est né à Bordeaux le 8 mars 1841. Il habitait, en 1898, à Bordeaux 44, rue Mondenard, assez près des adresses d’Hector Loubatié. Il y est décédé le 10 octobre 1901. Sa famille est restée en possession de ses biens immobiliers après sa disparition.

La villa Militona

(extrait des Monographies de Bâtiments Modernes, pages 174 et 175, Bibliothèque Forney, Paris)

Villa Militona à Pessac près Bordeaux (Gironde)

M. Hector LOUBATIÉ

Architecte

“Cette jolie habitation fait partie d’un groupe composé de seize villas variées, construites simultanément pendant le courant de l’année 1898 sous la direction du même architecte. Son soubassement est en moellons mosaïqués en talus. Les façades sont en pierre avec remplissages en briques disposées de façon à former des filets longitudinaux.

Le coût total de cette construction est, approximativement, de 25000 francs.”