Conseil du Développement Durable de l'Agglomération Bordelaise

Réunion plénière du Conseil de Développement Durable de l’Agglomération Bordelaise 08/07/2004

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, 

Nous arrivons au terme d’une première étape du travail du Conseil de Développement Durable de l’Agglomération Bordelaise. Cette première phase a été l’occasion de faire connaissance entre nous, de déblayer quelque peu le terrain quant aux questions à nous poser, notamment grâce à certaines interventions d’experts extérieurs destinées à nous donner une culture commune des problématiques propres à notre agglomération. Si cette phase d’approche globale des problèmes et de « remise à niveau » générale sur l’ensemble des questions et des groupes de travail sera amenée à se poursuivre jusqu’au mois d’octobre, nous pouvons néanmoins tirer un premier bilan d’avancée des travaux.

 Groupe 1 : Accessibilité et Transport

 Ce groupe a la particularité de s’intéresser à des problématiques déjà au premier plan de l’agenda politique communautaire : de nombreux sujets dans les « tuyaux », mais les membres assidus, du groupe de travail ont su élargir le champ. Ainsi, nous avons relevé quelques pistes à creuser qui nous ont semblé intéressantes, dans le cadre des propositions stratégiques que nous serons amenés à faire aux élus. Nous avons fait le choix de travailler sur trois échelles : 

–          la place de l’agglomération en terme d’accessibilité et de transport par rapport au grand corridor de flux nord / sud lié au transit,

–          l’accessibilité de l’agglomération vis-à-vis de l’extérieur, au niveau national mais surtout au niveau régional.

–          le fonctionnement interne de l’agglomération : problèmes d’accessibilité et de transport, soit pour les grands pôles (le port, l’aéroport, les zones d’emploi, les zones d’activité, les zones commerciales en centre ou en périphérie), soit concernant le partage de l’espace public de manière générale entre les différents modes de déplacement.  

Pour chaque échelle citée, voici les pistes de travail relevées :

1 – La problématique de cette échelle, nous l’avons constaté lors de l’intervention de Monsieur Gérard Criqui, adjoint au Directeur Régional de l’Equipement d’Aquitaine, est fortement liée aux déplacements internes à l’agglomération. En effet, il s’agit essentiellement du bouchon de la rocade de Bordeaux (le problème du bouchon ferroviaire est en voie d’être solutionné). Or, les déplacements de transit concernent moins de 5 % des déplacements sur la rocade (image 2001 : 25 000 déplacements de transit, sur un total de 2 255 000 déplacements). La solution du grand contournement autoroutier ne résoudra qu’une partie du problème. C’est sur les déplacements internes à l’agglomération que les décideurs vont devoir mettre l’accent…

A noter la proposition de placer Bordeaux sur la future « autoroute de la mer » du sud de l’Europe. Et celle qui apparaît comme pertinente qui est de savoir comment Bordeaux pourrait d’avantage tirer profit de ce transit nord / sud qui ne s’arrête pas. Interconnexion, logistique et intermodalité seront au menu de nos travaux au second semestre…

 2 – Le tramway et bientôt le train (TER pour les accès depuis l’Aquitaine, TGV pour les accès depuis la France) devraient devenir des alternatives intéressantes à la voiture pour l’accès à l’agglomération mais les investissements que ces modes de transport supposent sont lourds pour la collectivité. Concernant les accès par voie routière, là encore, le trafic d’échange ne représente qu’une petite partie de la totalité des déplacements : environ 10%. La question de la fiscalité et du stationnement a été posée. Elle devra être creusée comme une piste sérieuse au second semestre.

 3 – Le confort urbain et la qualité de vie contribuent fortement à l’attractivité d’une métropole. Au-delà de l’organisation spatiale de la ville que proposera le PLU, le groupe recevra des invités experts sur les modes de déplacements doux dès la rentrée.

La mise en place d’une centrale de mobilité, sorte de pôle ressource faisant état à la fois de la fluidité du trafic en temps réel mais aussi des différentes solutions possibles proposées aux citoyens pour se rendre à un endroit précis (centrale d’information sur le co-voiturage, trains, bus ou tramways à prendre, réseau des pistes cyclables…), nous paraît aussi être une piste intéressante. Nous savons qu’elle est dans les « tuyaux », peut-être alors les membres du Conseil pourraient-ils aider la CUB dans sa mise en forme (notamment en ce qui concerne l’attente des usagers) ?

Nous retenons enfin comme piste à creuser celle d’une sensibilisation auprès des écoles (2/3 des enfants français se font accompagner par leurs parents en voiture, contre seulement 1/3 des enfants allemands). Nous devrons aussi travailler de manière approfondie sur le développement des systèmes de transport en commun en site propre au-delà des communes concernées par la deuxième phase du tramway.

Résumé – Plan de travail du second semestre

–          quelle place souhaite-t-on accorder à la voiture dans les déplacements internes à l’agglomération ?

–          interconnexion, logistique et intermodalité

–          fiscalité et stationnement

–          développement du transport en commun en site propre (chemin de fer de ceinture, troisième phase du tramway)

–          développement des modes doux de transport et création d’une centrale de mobilité.

 Groupe 2 : Poids économique, financier, recherche universitaire

La particularité de ce groupe est d’être essentiellement composé d’acteurs concernés au premier chef dans leur rôle professionnel par la thématique du groupe, à savoir des universitaires et des acteurs économiques. Les quelques habitants représentés sont eux-mêmes pour la plupart d’anciens professeurs ou universitaires. D’un côté, cela permet une richesse des échanges grâce à une culture partagée des enjeux. Mais cette composition comporte un inconvénient majeur : personne (en tout cas aucun des membres présents à chacune des réunions) n’est à ce jour parvenu à dépasser le rôle de défenseur de la structure qu’il représente, alors que l’essence même du conseil de développement durable est de faire émerger une vision commune de l’avenir de l’agglomération, au-delà du « lobbying » quotidien (et légitime) de chacun.

Une participation plus active des membres du groupe de travail permettrait sans doute une plus grande compréhension mutuelle. Le face à face entre les entreprises plaidant pour une plus grande ouverture de l’université aux professions, et les universitaires qui insistent sur leur mission de former des étudiants capables de s’adapter tout au long de leur vie n’a pas de traduction très concrètes au sein du conseil qui doit, rappelons le, proposer aux élus des pistes d’amélioration de la compétitivité de l’agglomération à moyen terme. 

Plusieurs pistes de travail ont quand même été évoquées. Notamment lors de la passionnante réunion consacrée à la filière Laser (8 participants …) Nous citerons les propos de Monsieur Francis Hardouin, Président de l’Université Bordeaux 1 : « Quel que soit le secteur, les PME / PMI regroupent des gens d’une dynamique extraordinaire, mais qui sont du XXème siècle… Il faut maintenant des cadres du XXIème siècle. Il faut de l’innovation dans les PME / PMI. Et l’un des problèmes essentiels est que dans ce pays du XXème siècle, on a la culture  « ingénieurs », on n’a pas la culture « docteurs ». Et bien demain, le développement d’un pays comme celui-ci, c’est formation/recherche/innovation. C’est la culture du docteur qu’il faut implanter, et même dans les PME / PMI de notre agglomération. C’est-à-dire des gens qui ont le sens de l’adaptation, du doute, de la créativité ; la passion et la raison. ». Voilà une très belle proposition à laquelle il faudra donner corps lors de second semestre. L’idée même de la mutualisation des capacités de recherche de l’agglomération bordelaise plusieurs fois évoquée, semble pertinente. Nous pourrons l’approfondir à la rentrée de septembre avec l’intervention d’un universitaire qui viendra plancher sur les « vertus » de la création d’une seule université bordelaise (et donc du regroupement de ses forces).

Dernière piste à ce jour évoquée : la création d’un pôle d’excellence lié à l’aéronautique associant production et recherche. Il est en gestation autour de l’aéroport de Mérignac. Il nous semble important que le Conseil de Développement Durable aide, dans ses moyens, cette piste stratégique à émerger.

Nous devrons aussi plancher mais cherchons des porteurs pour ces réflexions sur trois sujets : les conditions du développement de l’artisanat et de la petite entreprise sur l’agglomération, le renforcement des capacités de soutien financier, juridique et de conseil aux entreprises (élément clé de la compétitivité, mais le diagnostic communautaire reste à faire) et le rôle et la place du campus dans l’attractivité de l’agglomération, sans doute un des plus beaux thèmes transversaux de nos travaux, étrangement absent de nos réflexions à ce jour. Nous tenons à rappeler, Jean-Bernard et moi-même, que nous ne sommes pas missionnés par la CUB pour faire nous même les propositions qui seront au final retenues. Notre rôle est de vous accompagner dans une démarche de réflexion partagée, vous devez vous approprier les débats, les questions, afin d’élaborer vos propres propositions. Ce Conseil de Développement Durable est certes une formidable opportunité d’ébauche de travail en transversalité. Sa philosophie est l’apprentissage collectif d’une approche combinée des problématiques. Cela suppose un changement de culture et de mode d’analyse des enjeux. Il s’agit de passer d’une logique sectorisée des approches à un croisement des multiples regards conduisant à des propositions concrètes et d’intérêt général.

Résumé – plan de travail du second semestre

–          Diffuser la culture doctorale des les PME / PMI de l’agglomération

–          Mutualiser la recherche universitaire

–          Délocaliser à Bordeaux des emplois publics (notamment pour un développement de la place stratégique de Bordeaux au sein de la carte européenne de la défense)

–          Renforcer la compétence aéronautique

–          Le soutien à l’artisanat et aux PME (peut être lié à la diffusion de l’innovation)

Et (à préciser) l’environnement juridique et financier des entreprises bordelaises, l’avenir du campus universitaire

Groupe 3 : Tourisme et activités culturelles

 Contrairement au groupe 1 (assez bien équilibré entre acteurs techniques et acteurs intéressés exclusivement de manière citoyenne) et au groupe 2 (essentiellement composé, comme nous l’avons vu, d’acteurs professionnels), ce groupe ne comporte pas de membre « expert » en matière de culture, et très peu en matière de tourisme. Les problématiques sont donc inversées par rapport au groupe 2 : les membres n’ont pas de vision « professionnelle » du fait culturel, de son économie, de son impact sur l’attractivité mais ce groupe fait preuve d’un dynamisme étonnant, doublé d’une forte motivation des membres et d’un désir à la fois de dialogue et de travail en commun. Il compte le moins d’inscrits mais ils sont les plus assidus. Il fourmille d’idées, parfois quelques peu abstraites, mais prometteuses. La mise en valeur du passé maritime de Bordeaux, la création d’un grand musée d’agglomération de renommée internationale, la création d’un Zénith, l’encouragement au sponsoring local ou régional pour les manifestations culturelles, la meilleure utilisation du vin dans la promotion touristique, la mise en réseau des très nombreuses manifestations locales ou régionales portées par les communes, la valorisation du formidable vivier associatif ont déjà été évoquées. Nous nous posons la question de la participation régulière à ce groupe de travail de professionnels de la culture particulièrement motivés à cet égard : nous pensons qu’elle serait de nature à amplifier (et à professionnaliser) le dynamisme de nos travaux. La seule compétence des habitants est de notre point de vue indispensable et légitime mais non suffisante. Il faut en débattre. 

En résumé – plan de travail du second semestre

–          tourisme : adosser l’agglomération aux atouts de la région (pass découverte en train)

–          synergies entre les fêtes et les festivals et le vin

–          conditions de la mise en œuvre d’une politique culturelle d’agglomération voire au-delà (GIE, Syndicat, fonds communautaire de soutien à la création d’événements)

–          mise en lien et réseau des manifestations locales (festivals ou fêtes communales thématiques ou pas) et du potentiel territorial (chemins de Compostelle, projet cyclable, projet de tourisme fluvial, réseau d’esteys, vin, fleuve…)

–          création d’un festival de renommée internationale (avec les acteurs culturels ???)

Voilà, monsieur le Président, voilà mesdames et messieurs les membres du Conseil de Développement Durable de l’Agglomération Bordelaise, le premier bilan d’étape de nos travaux au tiers du temps que vous avez accordé à notre réflexion.

Nous allons encore pendant les mois de septembre et d’octobre poursuivre notre mise à niveau « collective » sur les questions touristiques, sur l’enjeu de l’organisation des foires et salons, le soutien juridique et financier aux entreprises, les conditions d’une bonne diffusion de l’innovation dans le tissu économique de l’agglomération. Nous devons encore mieux connaître le potentiel aéronautique et électronique de notre territoire. Nous allons poursuivre nos réflexions sur l’alternative à l’utilisation de voiture dans notre agglomération. Nous sommes déjà passés au stade des propositions qui restent à être affinées maintenant sur les questions culturelles. Nous continueront à solliciter des experts cette fois ci peut être extérieurs à notre agglomération (puisque nous disposons d’un petit budget pour cela) dans les domaines de la logistique, de la recherche et du transfert de technologie et de la culture.  

Sur avis des membres du Conseil, nous proposons aussi trois interventions dans une réunion commune aux trois groupes de travail d’ici à mi décembre :

 –          la première liée aux effets de l’étalement urbain

–          la deuxième sur la création d’un grand événement culturel ou sportif d’ambition européenne dans l’agglomération bordelaise

–          la troisième sur la façon dont les entreprises peuvent contribuer à doter le territoire un label « développement durable ».

 Nous sommes également sollicités par le conseil de développement durable du grand Angoulême pour mener une réflexion commune à nos deux territoires. Elle aura lieu d’ici à l’automne.

Mais nous souhaitons envoyer aujourd’hui un message fort à l’attention de l’ensemble des membres du conseil. Les propositions qui seront faites dans une année aux élus dans notre rapport de synthèse seront d’abord les vôtres. Vous devez vous les appropriez et venir en séance pour en débattre collectivement. C’est à chacun d’entre vous de prendre, seul ou à plusieurs, une de ses idées à votre compte et de la travailler. Les travaux du conseil de développement durable de l’agglomération bordelaise sont ouverts. Saisissons cette chance qui nous est donnée d’oser. Nous n’avons pas le droit d’échouer.  

Marianne Lefort

Jean-Bernard Gilles

Le Conseil du Développement Durable de la C.U.B.

Présentation et historique (extrait du site de la C.U.B.)

Présentation

Dans les années 70, des experts se sont inquiétés de l’impact négatif que pouvait engendrer la croissance économique sur l’environnement et les conditions de vie sur la planète.

En 1987, le rapport Bruntland (1er ministre norvégien, rapporteur du projet de la Commission mondiale pour l’environnement et le développement) donne une première définition du développement durable en tant que « développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.»

Depuis le sommet international de Rio en 1992 qui a débouché sur la notion d’agenda 21, le développement durable traduit une volonté politique et une nécessité pour les sociétés contemporaines de considérer l’avenir de manière globale et transversale en termes économique, social et écologique.

Dans cette pespective, en 1999, la Communauté urbaine de Bordeaux a créé une Conférence Consultative d’Agglomération, instance de dialogue et de concertation avec la société civile, qui est aujourd’hui devenue le Conseil de Développement Durable de l’Agglomération Bordelaise (CDDAB).

Cette instance de démocratie participative, composée de différents acteurs de la société civile qui participent à faire la vie de la Cité, a été, notamment, invitée en février 2004 par le Président Juppé, à réfléchir au développement de “l’attractivité de l’agglomération bordelaise” dans le cadre de la compétition européenne entre les métropoles dans une perspective de développement durable.

Historique

Décembre 1999 : La Communauté urbaine de Bordeaux crée une Conférence Consultative d’Agglomération. Composée de 41 membres chargés de représenter les activités économiques, sociales et associatives de l’agglomération, cette conférence assure une expression de la société civile appelée à donner son avis sur les grands projets d’agglomération.

Octobre 2000 : Conformément aux directives de la loi Voynet pour l’aménagement et le développement durable du territoire, la communauté urbaine transforme la conférence consultative en Conseil de Développement Durable de l’Agglomération Bordelaise (CDDAB). Le nouveau conseil rend un avis favorable sur le projet de contrat d’agglomération.

Juillet 2002 : Dans un souci de meilleure représentativité, la composition du Conseil s’élargit à 68 membres, en intégrant 27 représentants des habitants.

Année 2003 : La Cub consulte le conseil sur le Plan Local d’Urbanisme, le Plan de Déplacement Urbain et l’associe à l’élaboration de la charte pour l’environnement et le développement durable.

Février 2004 : La Cub propose au CDDAB de mener une réflexion prospective sur la stratégie à mettre en œuvre pour renforcer la position de l’agglomération au sein de l’Europe. En s’appuyant sur les critères utilisés par la DATAR en 2002 pour comparer le rayonnement de 180 agglomérations européennes, trois groupes de travail thématiques sont constitués avec pour mission la proposition en juin 2005 d’une série de mesures concrètes alliant développement durable et amélioration de l’attractivité de l’agglomération bordelaise.

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